Delphine Rigaud


vit & travaille à Paris
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Draughts

Installation
Pour cette installation, il s’agit d’implanter un manche à air (type autoroute) dans une pièce favorable aux courants d’air, en laissant les fenêtres ouvertes de chaque côté du bâtiment.
Quand la porte d’accès à la pièce est fermée, le manche à air reste inerte. Quand quelqu’un ouvre la porte, le courant d’air se produit et met le manche à air en mouvement. Une cloison masque l’installation depuis l’entrée, de telle sorte que le visiteur ne voit pas le courant d’air qu’il créé en entrant; il est à l’origine du courant d’air qui le précède en vitesse.
Une fois à l’intérieur, le visiteur anticipe l’arrivée d’un autre visiteur en voyant le manche à air se gonfler, agissant comme une signalisation avancée.

Ecoute

Installation

Ce projet joue sur la perception des espaces intérieurs et extérieurs. Il s'agit de diffuser à l'intérieur d'un bâtiment, le son, les bruits extérieurs capté depuis le toit de ce même bâtiment. Par un système de cordages, de poulies et de voile en prise au vent (emprunté à la marine et aux systèmes utilisés sur les voiliers), le son diffusé à l'intérieur est modulé selon une intensité plus ou moins haute, régulé par les conditions extérieures.
Un jeu de mots s'opère sur le terme ‘écoute' qui est non seulement une invitation à prêter une attention auditive, mais c'est aussi un terme de marine désignant les cordages de contrôle des voiles, comme une écoute tactile.

Description :
• Sur le toit, une voile est fixée sur un axe de rotation à 360°, en prise à toutes les directions du vent. La voile est reliée à des cordages ( écoutes en vocabulaire marin) qui se tendent et se détendent selon la force du vent.
• Ces cordages courent depuis la voile, le long du bâtiment jusqu'à l'intérieur, guidés par des poulies. La tension relative à la force du vent sur les cordages se répercute jusqu'à leur extrémité située à l'intérieur.
• L'extrémité intérieure est attachée à un potentiomètre régulant le volume du son diffusé. Plus le vent à l'extérieur est fort, plus la tension sur les cordages est importante et agit sur le curseur du potentiometre, augmentant le volume de diffusion.
• Le son est capté en direct sur le toit par un micro multidirectionel, et diffusé à l'intérieur par un speaker contrôlé par le potentiometre volume.

Tout le système de poulies, cordages, cablages reliant l'intérieur et l'extérieur reste visible.Le projet s'inscit dans le temps, en constant changement puisque soumis aux variations des conditions extérieures.

Hertz

Installation vidéo

Hertz est une installation vidéo jouant sur la perception des énergies qui permettent sa propre diffusion. Une vidéo projetée montre un plan fixe sur des antennes placées sur un toit, tendues vers un ciel sombre, éclairé de temps à autres par des éclairs plus ou moins violents.

En parallèle, un moniteur affublé d’une antenne de réception pointée vers la projection, semble ne diffuser que du bruit visuel, de la “neige” hertzienne. Mais quand un éclair surgit dans la séquence projetée, l’image s’affiche aussi sur le moniteur. Le spectateur n’est évidemment pas dupe de la supercherie du montage, mais il s’agit là d’interroger les énergies physiques impalpables (électricité, lumière, ondes) qui sont à l’origine de la diffusion des images.

Reverse film

Projet vidéo

Dans un film ou une vidéo, que voient les acteurs en face d’eux, que se passe-t-il en face d’eux au moment de l’action?
Ce projet est une réflexion sur le contre champ, en collaboration avec un réalisateur; il s’agit de montrer l’équipe de tournage depuis le point de vue des scènes tournées: mettre en relief le travail en coulisse qui permet l’existence d’un film, de la prise de vue au montage, en utilisant la même technique de travail.

Ma caméra serait placé au coeur de la scéne tounée, dissimulée, filmant l’équipe de tournage en face mais pas les acteurs ou la scène.
A partir des rushes ainsi obtenus, le film sera monté en suivant exactement le montage et la time line du film original du réalisateur X.
En accord avec ce réalisateur, les deux film seront présentés en même temps, montrant deux actions: réalité et fiction, travail de réalisation et travail d’acteur.
Le lien entre les deux films se fera par une bande sonore commune, à l’écran, l’équipe de tournage étant silencieuse.

Piece sonore

Installation sonore

Pour cette pièce, il s’agit d’utiliser des micros de contact (piezos) plaqués en plusieurs points sur toutes les parois d’une pièce, et reliés à un système d’amplification. Les micros de contact captent les vibrations les plus faibles provenant de l’autre côté de la paroi, et produisent des sons peu identifiables.

Capter toutes ces sources sonores qu’on ne perçoit pas en temps normal mais qui existent, c’est donner à entendrel’inaudible. Les murs, les portes, les fenêtres sont utilisés comme surfaces de résonance permettant de ramener l’exterieur vers l’intérieur. il s’agit d’appréhender un espace par ce qui l’entoure. Une porte qui s’ouvre, un bruit à l’extérieur, ou les pas des visiteurs créent des sons retransmis en direct dans un ensemble sonore non identifiable.

Piece espace public

Installation vidéo dans l'espace public

Ce projet concerne une part de ce qui est dissimulé depuis la surface d’un environnement urbain. Le principe est de détourner les images produites par les caméras de vidéo-surveillance placées dans le réseau du métro, et de projeter ces mêmes images sur le sol, à la surface exactement au dessus du point filmé.

Il est question du caché/ révélé, du privé et du public et du droit à l’image mis en jeu par les systèmes de surveillance. Les images produites en sous-terrain sont des images «volées», dévoilées à la surface, et mettant en relief ce qui se passe en dessous mais aussi ce qui se passe probablement à la surface: le spectateur a un vidéo-projecteur au dessus de sa tête, lui montrant les images de surveillances du sous-terrain, mais au même moment, il est fort probable qu’il soit lmé par les mêmes procédés, à la surface.

Le projet met le système de vidéo surveillance en abyme, il s’agit de montrer ce qui se passe en dessous pour mieux faire prendre conscience de ce qui se passe à la surface.

Remixes

Installation sonore

Postulat:
Faire un inventaire de toutes les reprises, remixes, hommages etc. d’un morceau de musique à définir. Dater, chaque reprise, montrer son degré de fidélité par rapport à l’original Est-ce que la reprise est faite à partir de l’original ou à partir d’un autre remix ?

Diffusion simultanée de toutes les versions
Normalisation sur les critères de l’original (tempo,durée…)
Liens entre les versions ?
Choix du morceau, neutre, engagé, quel type de musique?

Par exemple My way (sinatra, c francois, sex pistols, nina simone, nina hagen, e.presley, pavarotti, sonnerie portable…)voir le sens et la portée des paroles selon les contextes musicaux et culturels.
Comment un morceau original est transposé dans divers styles de musique, comment ces reprises, remixes etc influent les uns sur les autres par rapport à la partition originelle.

Reseau son

Installation dans l'espace public

Projet sonore dans l’espace public; le principe est d’effectuer une prise de son dans les réseaux d’égouts d’une ville, d’amplifier ce son et de le rediffuser depuis ces mêmes souterrains.

Le bruit des eaux s’écoulant en souterrain sera donc audible depuis la surface aux abords des bouches d’égout. L’objectif est de ramener à la surface un réseau souterrain en utilisant ses caractéristiques propres (bruits d’écoulements d’eaux, résonnance, liens avec la surface), et de mettre ainsi en évidence une réalité urbaine dont on n’a pas conscience mais qui fait partie de nos espaces de vie.

Visible storage

Action

Ce projet concerne la part invisible des espaces d’exposition (musées, institutions...), et propose de montrer ce qui est present dans le batiment mais n’est jamais dévoilé a public: les réserves, oeuvres entreposées, caisses et emballages de transport et conservation, étagères... Ce qui est en jeu c’est la part triviale de l’art, ce qui est caché au public mais qui permet la diffusion publique de l’art. Le propos est de vider les réserves d’une institution ou collection et de les montrer telles quelles dans l’espace d’exposition. Les oeuvres resteront dans leurs emballages, présentées sous un autre aspect de leur réalité d’oeuvre d’art. En parallèle, les documents officiels relatifs à chaque oeuvre seront montrés, mettant en relief les ventes, prêts, expositions, restaurations... Comment les oeuvres d’art d’une collection traversent l’espace géographique, l’histoire et le temps?
Chaque oeuvre d’art a sa propre histoire, partie intégrante de son identité, et peut être suivie grâce aux données des collectionneurs. Les caisses de transport faites sur mesure, les documents légaux attachés à chaque oeuvre sont une part de l’oeuvre qui lui permettent de voyager et contribue à sa visibilité auprès du public. Avec ce projet j’ai pour intention de dévoiler les moyens qui nous permettent de voir de l’art.