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née en 1979 vit et travaille à Strasbourg
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Ionesco Piece, 2008

Graphite, dimensions variables.

Ce travail est basé sur un extrait de la pièce de théâtre "La Cantatrice chauve", d'Eugène Ionesco. A partir de cet extrait dans lequel le personnage du pompier tente de raconter une histoire, et se perd dans les descriptions, j'ai tenté de retracer l'arbre généalogique qui lie chaque personne évoquée par le pompier. Cette interprétation reste subjective étant donné le double sens qui pourrait être accordé à certains termes (Par exemple, "belle soeur" peut être la soeur du mari ou la femme du frère). Une version existe en français, puis j'ai réitéré avec un traduction anglaise. Le diagramme obtenu peut faire l'objet de variations autant de fois que l'interprétation des mots sera différente. A noter, "La cantatrice chauve" a vu le jour lorsque Ionesco tentait d'apprendre l'anglais via la méthode Assimil, dont l'absurdité des dialogues l'a frappé.

Extrait: Scène VIII

LE POMPIER
« Le Rhume » : mon beau-frère avait du côté paternel, un cousin germain dont un oncle maternel avait un beau-père dont le grand-père paternel avait épousé en secondes noces une jeune indigène dont le frère avait rencontré dans un de ses voyages, une fille dont il s’était épris et avec laquelle il eut un fils qui se maria avec une pharmacienne intrépide qui n’était autre que la nièce d’un quartier-maître inconnu de la marine britannique et dont le père adoptif avait une tante parlant couramment l’espagnol et qui était peut-être une des petites filles d’un ingénieur mort jeune, petit-fils lui-même d’un propriétaire de vignes dont on tirait un vin médiocre, mais qui avait un petit cousin, casanier, adjudant, dont le fils avait épousé une bien jolie jeune femme, divorcée, dont le premier mari était le fils d’un sincère patriote qui avait su élever dans le désir de faire fortune une de ses filles qui put se marier avec un chasseur qui avait connu Rothschild et dont le frère, après avoir changé plusieurs fois de métier, se maria et eut une fille dont le bisaïeul, chétif, portait des lunettes que lui avait données un sien cousin, beau-frère d’un Portugais, fils naturel d’un meunier, pas trop pauvre, dont le frère de lait avait pris pour femme la fille d’un ancien médecin de campagne, lui-même frère de lait du fils d’un laitier, lui-même fils naturel d’un autre médecin de campagne, marié trois fois de suite dont la troisième femme…
M.MARTIN
J’ai connu cette troisième femme, si je ne me trompe. Elle mangeait du poulet dans un guêpier.
LE POMPIER
C’était pas la même.
Mme SMITH
Chut !
LE POMPIER
Je dis : …dont la troisième femme était la fille de la meilleure sage-femme de la région et qui, veuve de bonne heure…
M. SMITH
Comme ma femme.
LE POMPIER
… s’était remariée avec un vitrier, plein d’entrain, qui avait fait, à la fille d’un chef de gare, un enfant qui avait su faire son chemin dans la vie…
Mme SMITH
Son chemin de fer…
M.MARTIN
Comme aux cartes.
LE POMPIER
Et avait épousé une marchande de neuf saisons, dont le père avait un frère, maire d’une petite ville, qui avait pris pour femme une institutrice blonde dont le cousin, pêcheur à la ligne…
M.MARTIN
A la ligne morte ?
LE POMPIER
…avait pris pour femme une autre institutrice blonde, nommée elle aussi Marie, dont le frère s’était marié à une autre Marie, toujours institutrice blonde…
M.SMITH
Puisqu’elle est blonde, elle ne peut être que Marie.
LE POMPIER
…et dont le père avait été élevé au Canada par une vieille femme qui était la nièce d’un curé dont la grand-mère attrapait, parfois, en hiver, comme tout le monde, un rhume.